samedi 14 janvier 2017

mardi 10 janvier 2017

Vite, un moment Feel Good avec Hey Jude !

Perso, je suis contente de dire au revoir à 2016 !
Mais il y eut de beaux moments, qui font de grands souvenirs, qui aident à s'échapper du quotidien...

Pour moi, chaque petit insecte ou oiseau aperçus au jardin, chaque bouton de fleur pointant son "nez" (d'ailleurs, je scrute les perce neiges et les roses de Noël : vous prenez votre temps, les coquines !) me revigorent. Je ne sais pas ce que je ferais sans mon jardin. Même un ver de terre qui se tortille dans l'herbe parvient à m'émouvoir.

Sinon, je succombe à d'autres grands moments, mais plus épisodiques et plus rock'n'roll (au sens qu'il faut batailler pour acheter des places correctes, puis braver le peu de trains au moment du retour vers la banlieue assoupie en pleine nuit, et se lever pour aller travailler le lendemain : l'âge commence à compter !)... 
Ces grands moments, ce sont les concerts
Ah oui, mal assis sur les sièges en plastique (de toutes façons on finira debout à gesticuler les bras levés), le sandwich minimal et ouf la pinte de bibine à la main, on part en transe avec des milliers d'inconnus auxquels nous nous découvrons liés par un bonheur profond ancré dans notre culture musicale et les merveilleux souvenirs de nos écoutes de jeunesse, ou contemporaines. on se côtoie à plusieurs générations, et on communie en chantant.

Ladies and Gentlemen, voici justement la communion 2016 autour de "Hey Jude" (concert de Paul Mc Cartney à Bercy / Paris, le 30 mai 2016) :


(NB : je sais, on m'entend chanter faux... comme à mon habitude et à mon éternel regret, mais on s'en fiche, je communie !!!)

--> Ma chronique "musique" et la page de mes concerts...

Long Live Rock'n'Roll !!!!!!

dimanche 8 janvier 2017

Films du dernier trimestre 2016 : merci M. Sneijder et T. Lhermitte !

😁"La nouvelle vie de Paul Sneijder" de Thomas Vincent (2016), avec Thierry Lhermitte, Géraldine Pailhas, Pierre Curzi
Ce film est l'adaptation parfaite d'un de mes romans cultes : "Le cas Sneijder", de Jean-Paul Dubois. Pour l'histoire, je vous renvoie à ma chronique de ce roman sur le blog. Thierry Lhermitte est renversant dans le rôle de Paul et révèle qu'il est de ces grands acteurs qui ne se cantonnent pas à leur image traditionnelle au cinéma. Un film magnifique qui fait honneur au roman tout aussi exceptionnel.

😁 "Marie-Octobre" de Julien Duvivier (1958), avec Danielle Darrieux, Bernard Blier, Paul Frankeur, Paul Meurisse, Serge Reggiani, Lino Ventura, Robert Dalban
Quel suspense ! Huis-clos oppressant au cours duquel les anciens d'un réseau de résistants sont tour à tout accusés d'avoir livré leur chef, Castille, à la Gestapo. Une pépite que je ne connaissais pas.

😇 "The immigrant" de James Gray (2013), avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner
Un très beau film... : ce que j'appelle "un grand film". Une fois de plus, je suis époustouflée par la prestation de Marion Cotillard, à des années lumières de son rôle de Deux jours une nuit, et tout aussi habitée.

😎 "Hot Fuzz" d'Edgar Wright (2007), avec Simon Pegg, Martin Freeman, Bill Nighy
Méga rigolade. On l'a regardé deux fois d'affilée tellement c'est drôle. L'humour anglais mâtiné de références à Point break et Bad boys II. En deux mots, un policier londonien si "perfectionniste" qu'il éclate les stats de son commissariat est muté dans la campagne anglaise à Sandford, où il prend très à coeur sa nouvelle mission, autour d'un jus de cranberry au pub.

😏"La guerre est déclarée" de Valérie Donzelli (2011), avec Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm, Elina Löwensohn, Michèle Moretti, Brigitte Sy
Le sujet est dur : Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm jouent leurs propres rôles de parents sympas, modernes, amoureux, gais... jusqu'à la naissance d'Adam, bébé qui pleure sans cesse et fatigue tout son monde. Tumeur cancéreuse au cerveau. Le jeune couple décide de déclarer la guerre à la maladie, quasiment envers et contre tous. J'ai admiré leur réaction, leur dévouement, leur combat. Suivi avec appréhension les RV avec le corps médical, jusqu'à la guérison d'Adam.
Mais le film m'a fait cauchemarder toute la nuit suivante.
Sur la forme, la voix off m'a carrément énervée de bout en bout : artifice totalement inutile et lourd.

😏"Pièce montée" de Denys Granier-Deferre (2010), avec Clémence Poésy, Jérémie Renier, Jean-Pierre Marielle, Danielle Darrieux, Christophe Alévêque, Léa Drucker, Julie Depardieu, Charlotte De Turckheim, Dominique Lavanant, Hélène Fillières, Louise Monot, Aurore Clément
Waouh la distribution ! L'histoire est un peu convenue mais on se régale de cette brochette d'acteurs, et on sourit souvent : plaisant, what else ?

😩 "A Bigger Splash" de Luca Guadagnino (Italie, 2016), avec Tilda Swinton, Ralph Fiennes, Matthias Schoenaerts, Dakota Johnson
Une première partie d'un grand ennui... autour de la plastique de Tilda Swinton (actrice qui a du mal à m'émouvoir, et qui dans le film interprète une chanteuse de rock momentanément sans voix : elle était censés s'inspirer je suppose de Chrissie Hynde, mais j'ai trouvé cela à côté de la plaque). Autour de Tilda S., son amoureux, et son ex-amant ainsi que la fille de ce dernier, une lolita particulièrement irritante. Et tout ce beau monde autour d'une piscine dans une belle villa italienne... C'est là que le film décolle et que l'ennui disparaît. Une fin accélérée, un film qui laisse un goût dérangeant. "Do not let it upset you"...

😫"Supercondriaque" de Dany Boon (2014), avec Dany Boon, Alice Pol, Kad Merad
J'ai tenu près de 10 minutes devant cette niaiserie.

--> chronique "cinéma"...

Henning Mankell : "Les bottes suédoises"

***** (Suède, 2015) Ed. fr. Seuil, 355 p.
Hum Hum, grande déception à la lecture de ce roman qui est la suite du fabuleux "Chaussures italiennes", qu'Henning Mankell avait écrit en 2006.
Voici le commentaire résumé que j'avais noté à l'époque sur "Les chaussures italiennes" : "INOUBLIABLE road movie senior - culte... humain...".

En lisant "Les bottes suédoises", j'enchaînais les déceptions à chaque page ou chapitre. 
Fredrik a désormais 70 ans (nous l'avions quitté à 66 ans). Et c'est un vieil homme antipathique, asocial, égoïste et même lubrique qui se découvre à nous. Je n'ai éprouvé aucune empathie, ni sympathie, ni intérêt pour ce bonhomme détestable. 
Les personnages secondaires ne m'ont pas non plus emballée, Lisa Moldin, la jeune journaliste que Fredrik rêve de mettre dans son lit, cache un secret dans son armoire ; la fille Louise est une pro du vol à la tire ; Mme O. chez qui Fredrik gare sa voiture quand il quitte son île, semble dissimuler aussi un secret, mais rien de tout cela, l'intrigue se dégonfle comme une baudruche. Quant au facteur...
Un roman fourre-tout.
H. Mankell insère tant bien que mal ici et là des commentaires sur l'augmentation de l'immigration et les réactions des insulaires, sur la mondialisation et le remplacement des chemises ou des bottes suédoises par des produits chinois... Mais cela sonne creux.
Voilà, ce roman que l'écrivain a écrit un an avant sa mort, m'a paru creux.

Fanny Britt : "Les maisons"


***** Ed. Le Cheval d'Août, 2015, 226 p.

Le roman "Les maisons" de Fanny Britt concourait en 2016 parmi les trois finalistes du prix littéraire France-Québec, aux côtés du "Nid de pierres" de Tristan Malavoy et de "La femme qui fuit" d'Anaïs Barbeau-Lavalette. C'est ce dernier roman qui a remporté le prix... et je ne l'ai pas lu car F. qui l'avait commencé m'avait dit : c'est très mal écrit, laisse tomber... Comme quoi, d'autres ont dû le trouver bien écrit et intéressant !
Pour ma part, j'ai voté pour "Les maisons" de Fanny Britt !

Drôle de titre. De fait, Tessa est agent immobilier. Voilà. Mère de trois enfants, on la suit dans son quotidien, comme accompagner le gamin à l'expo des sciences de l'école pour laquelle il a construit une maquette en bâtons d'esquimaux.
Un jour, some day, Tessa doit s'occuper de la vente de la maison d'un couple qui se sépare. elle sympathise avec la femme, puis découvre que le mari est son ancien amour de jeunesse. La vie devient alors une bataille des souvenirs, un grand questionnement sur le quotidien, le bonheur, le couple, l'avenir... Tessa se sent vieille et en même temps rajeunir. Entre deux chaises, elle fixe RV à Francis, ils vont errer dans le froid jusque devant la maison de Leonard Cohen...
Et puis après ? A vous de lire ce joli roman !

--> Résultats du Prix littéraire France-Québec 2015 : ici
-->  et ma rubrique "Québec"... 

dimanche 1 janvier 2017

Robert Galbraith : "Career of Evil", et un peu de Blue Öyster Cult

"Career of Evil" ***** (Sphere, 2015, 582 p.) - En français : "La carrière du mal" (2016) - Réf. géogr : R-U

Palpitant roman !

J'étais bien triste de tourner la dernière page et de quitter notre duo d'enquêteurs, Cormoran et Robin, tant le roman m'avait captivée sans temps morts durant ces quelques jours.
L'histoire est encore meilleure que celle des deux premiers opus ("The Cuckoo s' Calling" et "The Silkworm").

Robin, l'assistante de Cormoran Strike, reçoit un colis anonyme contenant la jambe coupée d'une femme. Quatre hommes seraient susceptibles de commettre une telle horreur selon Cormoran.
L'enquête va nous mener tambour battant à la poursuite de trois de ces tarés : deux anciens soldats (Donald Laing, Noel Brockbanck) et l'ex-beau père de Cormoran, Jeff Whittaker. Un suspense intense.... Tandis qu'en parallèle notre jeune Robin n'en finit pas de préparer son mariage avec le pédant Matthew...
La fin... surprend ! J'ai dû relire la dernière phrase pour être sûre d'avoir bien compris !!! Sacrée J.K. Rowling : Vivement le prochain livre.... (elle a annoncé une série de 7 romans).
Le médiator '"pick" du bassiste Joe Bouchard (Paris, 1986)


J'ai aussi d'emblée su que le livre me plairait car chaque tête de chapitre, et l'histoire, font référence à des paroles de morceaux de Blue Öyster Cult. Le morceau titre "Career of Evil" a été écrit par Patti Smith, qui côtoya le groupe plusieurs années au moment de sa liaison avec le keyboardiste Allen Lanier.



Cette lecture m'a donné l'occasion de réécouter BÖC... que j'avais vu en concert lors de leur tournée Club Ninja Tour le 27 janvier 1986 à Paris (La Mutualité)...



- Astronomy
- Don't Fear the Reaper
- Burning for You
- Then came the last days of May
- Joan Crawford
- Fire Of Unknown Origin
- Cities on Flame With Rock'n'Roll
- Flaming Telepaths
- Veteran of the Psychic Wars
- Heavy Metal : The Black and Silver
- Before the Kiss, A Redcap
- Hot Rails To Hell
- Dominance and Submission
- The Revenge Of Vera Gemini
- Godzilla
- Career of Evil

--> Voir  ma chronique "musique" et la "page de mes concerts"

Paco Ignacio Taibo II : "Ombre de l'ombre"

***** Ed. Payot et Rivages (2004) - Trad. Mara Hernández & René Solis 
Réf. géogr : Mexique

Le premier roman que j'ai lu de Paco Ignacio Taibo II, "La vie-même", m'avait bien lus, par son originalité et la facilité de lecture. 
Cet autre roman, "Ombre de l'ombre", s'inscrit dans un contexte historique moins familier, le Mexique des années 1920,  et fait justement référence à la vie politique très mouvementée de cette époque. Cela demande une attention particulière, mais apporte d'un autre côté un intérêt historique certain à la lecture. Notamment sur l'historique des premières convoitises nationales ET internationales pour les champs de pétrole du pays.
C'est donc là un roman de lecture moins facile que "La vie-même", mais tout aussi intéressant. 

Egalement originale : la structure de ce roman qui s'articule autour de parties de dominos jouées par les quatre amis protagonistes : "un chroniqueur criminel passionné par son métier, un fils de famille, traducteur d'écrits anarchistes, un poète, ex-cavalier de l'armée de Pancho Villa, génie du slogan publicitaire, et un Chinois anarchiste et syndicaliste". 
Remarquablement écrit... Humour, références historiques, intrigue policère...

--> mes autres lecture d'Amérique latine, et la chronique "polars"...

Darragh McKeon : "Tout ce qui est solide se dissout dans l'air"

***** "All That Is Solid Melts Into Air", traduit de l’anglais (Irlande) par Carine Chichereau, Ed. Belfond, 432 p.
Réf géogr : ex-URSS (lieu) / Irlande (auteur)

Je mets 5 étoiles à ce roman car à la fois l'histoire, le style, les personnages, le message en filigrane... le méritent amplement.

Tout cela, ce s'est passé il n'y a pas si longtemps (pour ma génération) : URSS, 26 avril 1986, et pas si loin de nous (mais heureusement que les frontières faisaient miraculeusement barrage aux nuages radioactifs 😩). 
L'accident de Tchernobyl (située à 2500 km de chez nous) n'a été annoncé en France qu'à partir du 28 avril 1986 : on nous a bien recommandé de ne pas manger de salade. Et en Autriche, il était recommandé de ne surtout pas s'allonger dans l'herbe.

J'ai trouvé incroyable que le romancier soit... un Irlandais... écrivant son premier roman : Darragh McKeon.

Tchernobyl vu sous l'angle méconnu des "liquidateurs", ces premiers hommes à porter secours, à colmater, à intervenir ici et là : des hommes sacrifiés, sans combinaison, oeuvrant parfois à mains nues. Sans conscience du danger extrême à l'exception de quelques-uns, comme Grigori le chirurgien, conscient mais totalement impuissant face au mur de silence des autorités.

"Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins. Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture, et tente de faire oublier son passé de dissidente. Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé. Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières de l'aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante. Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer. La vie de ces quatre personnages va changer. Le monde ne sera plus jamais le même..."
"Le garçon s'éveille, regarde la grande aiguille, suit son lent parcours circulaire jusqu'à ce qu'elle marque 5 heures, ce qui l'autorise à repousser ses couvertures et à sortir dans la lumière qui précède l'aube. Elle est différente aujourd'hui. Mélange de mauves et de jaunes, de tons d'un riche rubis qui au moment où il s'éveillait l'ont amené à se demander s'il n'avait pas dormi trop longtemps: l'aube était déjà là, c'était certain."
"Elles sont si curieuses les couleurs qui filtrent aujourd'hui à travers la vitre, si différentes des autres matins, elles donnent à chaque aspect de la pièce un air précieux, à croire que pendant son sommeil leur maison est devenue riche. Ses chemises usées paraissaient taillées dans du bois exotique. Il cherche le mot adéquat pour décrire cela à sa mère ce soir, au moment du dîner, mais il ne le connait pas encore.. Quand elle le lui apprendra plus tard, il le dessinera sur ses lèvres, se le répétera en silence, "lumineux", la forme des syllabes faisait ressembler sa bouche à celle d'un poisson." (p.64)
"Il ouvre les paupières et le ciel emplit ses rétines, un ciel d'un rouge profond. On croirait que la croûte terrestre s'est retournée, que la lave incandescente est en suspens au-dessus de la terre."  (p.65)
"Mais bientôt la forêt est devenue rouge, les feuilles rutilaient. Youri se souvenait que le père d’Artiom en avait ramassé une en déclarant : « Mère Nature saigne »."
"Au bout de trois jours, ils portaient en permanence des habits radioactifs. Après les deux premières semaines, les officiels ont décidé de ne pas remplacer les liquidateurs pour ne pas en sacrifier d'autres. Au cours des réunions d'organisation du travail de la journée, chaque matin, ils calculaient combien de vies ils avaient besoin pour telle tâche spécifique. Deux vies pour ceci, quatre pour cela. C'était comme un cabinet de guerre, quand les hommes se prennent pour Dieu. Le pire, c'est que cela n'a servi à rien.les premiers liquidateurs ont dû malgré tout être remplacés, car à la fin ils étaient trop malades pour continuer le travail." (p.361)
"Parfois, Maria relève la tête et une journée s’est écoulée, parfois, c’est un mois. Presque tous les soirs, Alina, sa sœur, lui demande comment ça s’est passé, aujourd'hui, et elle répond : « Rien de spécial. » Et ils s’additionnent, ces jours sans rien de spécial. Quand on se retourne sur eux, même deux semaines plus tard, on n’y découvre pas le moindre signe distinct."
Sur la catastrophe de Tchernobyl : le beau film "La terre outragée". Il y est aussi question d'un petit garçon de 9 ans, Valery, qui pour célébrer son anniversaire, le 26 avril 1986, plantait avec son père un petit pommier au bord de la rivière près de la centrale. Le père de Valery ? un ingénieur de la centrale...
Par ailleurs, il faut lire l'excellent roman d'Antoine Volodine "Terminus radieux" (mon roman préféré de l'année 2015...), où ce sont quasiment toutes les centrales nucléaires qui les unes après les autres explosent et irradient toutes les régions d'URSS.

--> autres articles "Ukraine" et mes lectures "Europe de l'Est Russie Ukraine"...
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