jeudi 28 juin 2012

Corail et coquillages dans la cité

Les vitrines et les affiches puisent leur inspiration dans les fonds sous-marins cet été :



Le corail resplendit...

Les coquillages sortent des cabinets de curiosité...

Les publicitaires et décorateurs nous font rêver.












(NB. Ce collage est réalisé à partir des affiches - dans le RER - du Chateau d'Ecouen et de la pièce de théâtre "Plein la vue", et d'une vitrine de la boutique de linge de maison Y. Delorme, à Paris).
Tout cela est aussi du "street art" !


Voir la petite rubrique "coquillages" sur ce blog.

mardi 26 juin 2012

Juin, jardin, crachin, photos arrosées

Fenouil et pluie
Le jardin ? Il pousse comme dans une forêt tropicale tellement il est arrosé.

Je n'ai pas le temps de suivre l'invasion des mauvaises herbes, qui s'en donnent à coeur joie. Et la pelouse : une folie... Au moins, elle est verte...
Les roses pourrissent d'être trop arrosées. Et c'est sûr que les maladies liées au surplus d'humidité vont en profiter...

Allez va, une pensée pour les vacanciers qui ont choisi ce mois de juin pour se prélasser au soleil...
Et, toujours ça de pris : le vieux tonneau de pèpère Marcel et ma citerne sont pleins ! Mais bonjour l'élevage de moustiques en perspective...

Sur la grande photo de haut en bas et de gauche à droite :

- Fleur de convulvus (blanche, ressemble au liseron)
- Rose jaune
- Feuilles d'albizia
- Chèvrefeuille
- Bouton de rose
- Bergera (fleur orange)
- Coquelourde (fleur violette)
- Géranium vivace (violet)





Suivez les chroniques de notre petit jardin de banlieue : cliquez ici

dimanche 24 juin 2012

Valentine Goby : 4 livres exceptionnels sur l'immigration de Pologne, du Mali, d'Italie et du Vietnam

Lisez, lisez, lisez cette collection de petits bijoux !!!
Deux auteurs, deux pays, un enfant et une belle leçon d'humanité et d'histoire sur "ces Français venus d'ailleurs". Chaque livre est un bel objet doté d'une iconographie subtile, et d'un dossier de repères historiques et culturels (Editions Autrement, 80 p.)


Valentine GOBY  (texte) & Olivier TALLEC (illustrations) :
Adama ou la vie en 3 D *****

2008 - Réf. pays : France/Mali
Genre : Roman d'un djeune du 9-3 qui rêve d'aller au pays

Adama habite dans la Tour 7 de la cite Louise-Michel à Saint-Denis. Né en France, il ne connaît presque rien du pays de ses parents, mais il adore jouer du djembé dans les fêtes. Même un représentant de SOS Racismes participe. 
Un jour, la police fait irruption et arrête Ibrahim, un des musiciens maliens - Adama découvre qu'Ibrahim est un "sans-papier" et sera renvoyé au Mali.
Adama ne comprend pas le malheur de quitter la France et un emploi de misère pour retourner dans un pays gorgé de soleil comme doit l'être le Mali. Quand son père annonce qu'il se rend au pays pour inaugurer une école, les enfants font une plongée brutale dans les coutumes de leur pays d'origine : la maman hurle après son mari devinant qu'il pourrait ramener une deuxième épouse jeune et attirante. Elle exige de l'accompagner, finalement ce sera Adama s'il travaille bien à l'école. Adama se surpasse, et se renseigne sur ce pays exotique qu'il va découvrir. Mais la carte géographique ne montre que des étendues colorées en jaune : la couleur du désert ou des terres arides...
Le voyage d'Adama dans son pays natal lui révèle la découverte de... l'ennui !
"Passer six semaines dans un village sans télé, sans BD, sans ciné, sans Ben, sans chaîne hi-fi, sans console de jeu, avec pour toute activité les corvées des enfants, dès 8 ans ils s'occupent du bois, de la vaisselle, de l'eau, des bébés, ils jouent avec des insectes, restent des heures à rêver sans rien faire; bref, pas une vie." (p.59)
Mais de retour en France, Adama déborde d'idées pour écrire sa rédaction sur les vacances exceptionnelles qu'il vient de passer.

Ce roman nous plonge au coeur d'une famille malienne "intégrée" car les parents parlent le français, alors que des voisins ne connaissent que les dialectes locaux (le soninké comme Adama, le peul, le bambara...) et l'on découvre alors leur immense difficulté à se mouvoir dans un pays, sans repère linguistique. Le récit fourmille de détails, d'anecdotes, mais ordonnés autour de références réelles sur l'histoire de l'immigration malienne depuis l'indépendance en 1960, et l'évolution de la réglementation française : suspension en 1974, création de la carte de séjour de 10 ans en 1981, premiers charters de renvoi au pays en 1983.
Événements postérieurs au récit : les lois "Pasqua" réglementant le regroupement familial en 1993, l'occupation de l'église Saint-Bernard en 1996.



Valentine GOBY (texte) & Olivier TALLEC (illustrations) :
Le rêve de Jacek *****

2007 - Réf. pays : France/Pologne
Genre : Un ado polonais mineur en herbe

Ce deuxième roman que je lis de la collection est empreint de gravité, liée à la période de l'histoire qu'il traite. L'histoire de Jacek nous emmène dans les corons des années 30, une période triste d'après-première guerre mondiale qui s'enchaîne par une période désolée de grande crise économique des années' 30 en France.
Mais Jacek n'en demeure pas moins un jeune ado à l'aube de ses 15 ans, il a fini l'école (qu'il est jeune...), joue avec ses copains, surtout Marek, et se bagarre avec les "vrais" Français du coin, dont Maurice, son ennemi juré, en passe de conquérir la belle Kryska.
J'ai découvert la vie quotidienne dans les maisonnettes de briques rouges des lotissements pour les mineurs polonais du Nord de la France. En 1931, près de 500.000 Polonais vivent en France. Les familles qui s'installent grâce au papa mineur , et qui dès l'arrivée de la crise doivent plier bagages sans façon afin de laisser un peu de mou aux ouvriers français. Comme Marek ...
- "Ça se méritait Dourguesse, on voulait pas des souffreteux et des mauviettes: on partait remplacer des morts. Les tas de morts que la guerre avait enlevés aux mines de France" (p. 13)
- "et puis on est arrivés à la cité fosse 4, 1495, allée 12. on aurait tout imaginé sauf ça: une petite Pologne !" (p.15)
- "Avant de rentrer à la maison, on se remplit les poches de tout ce qui traîne par terre : morceaux de charbon, de bois, paille à lapin, graines tombées des silos. On offre nos trésors de guerre à nos mères. Elles nous embrassent. C'est toujours ça de pris." (p. 27)
J'ai repensé à la chanson "Les corons" de Pierre Bachelet (1982).

Valentine GOBY (texte) & Ronan BADEL (illustrations) : 
Le secret d'Angelica *****

2008 - Réf. pays : France/Italie 
Genre : Combat féministe d'une jeune immigrée italienne contre les idées reçues familiales, pour épouser sa vocation

Un très bon petit opus qui met l'accent sur la vocation que se découvre Angelica (14 ans) pour les travaux d'imprimerie, un métier réservé aux hommes. Comment expliquer à sa famille qui s'échine dans les travaux agricoles, attachée à la terre et aux traditions (la femme s'occupe du foyer et de la basse-cour) que l'école et ce parcours familial ne l'intéressent pas, qu'elle veut à la vie à la mort travailler dans l'imprimerie ?
Aidée du "fantôme" de son frère mort en Italie, Angelica viendra à bout des idées reçues, et Valentine Goby de faire référence à une femme exceptionnelle et audacieuse en son temps : Marguerite Durand. Cette référence de l'auteur à une féministe de la première heure était inattendue dans ce docu-fiction, mais je l'ai beaucoup appréciée.
En effet, qui à présent se souvient de Marguerite Durand (1864-1936) : journaliste féministe, elle milita pour le droit de vote des femmes, créa la rubrique "courrier" au Figaro, et fonda son journal "La Fronde" en 1897. Elle a même co-fondé le cimetière animalier d'Asnières.
Donc bravo pour le récit, la qualité de l'écriture de V. Goby.
Mais à nouveau, je n'ai pas trop apprécié les illustrations de Ronan Badel (ex. p. 20 : la famille chantant de l'opéra, ressemble à une paire de morts-vivants...)


Valentine GOBY (texte) & Ronan BADEL (illustrations) 
Thiên An ou la grande traversée *****
2009 - Réf. pays : France/Vietnam
Genre : Ma rédaction "boat people"

Thiên An, 11 ans, réfugié avec son père et sa soeur à Paris, pense à sa mère restée au Vietnam avec ses deux frères.  Il se remémore l'enfer de sa traversée en 1977 sur ce bateau bondé, sans eau et nourriture, dans une mer déchaînée, et à la merci des pirates : ce sera son sujet de rédaction à l'école.
Puis des nouvelles arrivent : la maman va bientôt rejoindre la famille.
Comme dans les autres livres, Valentine Goby nous plonge dans le quotidien d'une famille plus ou moins intégrée en France, nous assistons aux coutumes traditionnelles de la fête du Têt, découvrons les journées de dur labeur du père et de l'oncle, au restaurant, l'entraide au sein de la communauté vietnamienne.
Le garçon va à l'école encouragé par son père : "Tu te vois vendre des cigarettes ou du mauvais parfum sur un carton retourné toute ta vie ?". C'est l'avenir qu'aurait eu Thiên An s'ils étaient restés au Vietnam.
La chronologie en fin d'ouvrage rappelle les grandes dates de l'histoire du Vietnam, de la colonisation française à la guerre d'Indochine, de la guerre du Vietnam de 1961 à 1975, l'exil des boat people à partir de 1975...
J'ai cependant un peu moins aimé ce troisième récit, peut-être parce qu'il y avait moins de poésie dans l'écriture, et que le récit semblait plus haché, manquer de liant antre les paragraphes. J'ai trouvé que les illustrations de R. Badel étaient plus "dures" aussi que celles de O. Tallec dans Adama ou Jacek, son trait de crayon plus sec et plus effrayant.

Les coccinelles posent pour les photos

Je réorganise un peu l'architecture du blog en ce moment, ayant quelques mois d'expérience à présent. J'ai donc entrepris le chantier de recenser les petits habitants de mon jardin et d'en faire une page de blog, dont les coccinelles bien sûr : rubrique Les habitants du jardin .
Cela se révèle plus difficile que prévu : non seulement parvenir à photographier correctement les bestioles, mais ensuite les identifier !
Mais cet exercice m'a permis de comparer les photos de mes coccinelles, de mesurer le nombre de coccis différentes qui habitent au jardin, et de m'interroger sur la place des coccinelles asiatiques qui me semblent plus nombreuses que mes petites autochtones françaises. Pour l'instant, je recense et me documente sur le phénomène...

Coccinelle givrée...
Ci-dessous, je publie en "article" l'ancienne "page Coccinelles" du blog : vous pourrez retrouver les petites chroniques de suivi de ma population de coccinelles en cliquant ICI (le tag/rubrique "coccinelles").
  
Où se réfugient les coccinelles en hiver ??
Dans mille recoins du jardin, nichées au creux des plantes ou sous les feuilles des arbustes...
Certaines ne daignent même pas s'abriter et, dès leur endroit de prédilection choisi, elles n'en bougent plus, qu'il pleuve, fasse grand vent ou soleil.
A chaque visite dans mon jardin, je les retrouve, chacune à sa place favorite, parfois couverte de gouttes d'eau ou de givre. Voici donc quelques photos de coccinelles givrées, coccinelles gouttelées, coccinelles ensoleillées, coccinelles jouant à cache-cache... et sauf erreur, tous les spécimens de cette page sont des coccinelles françaises (la plus commune, à 7 points).






















samedi 23 juin 2012

Emmanuel Carrère : "Limonov"

***** 2011
Réf. pays : France/Russie/Ukraine/ex-URSS/E-U
Genre: Biographie d'un " Bukow-Jirinov/ski " russe vivant
Quel roman !
Quel livre (puisque l'on n'est pas sûr que cette biographie soit un roman) !
Que ceux qui ne l'ont pas encore lu le lisent : c'est passionnant, bien écrit, très documenté et très actuel.
On ne peut mieux coller à l'actualité puisque Edouard Limonov a voulu se présenter à l'élection présidentielle de mars 2012 qui a (con)sacré Poutine. je ne dis pas de gros mot : j'hésite entre "consacré" et "sacré", d'où mon "(con)sacré"... La candidature de Limonov n'a pas été validée pour des raisons... invraisemblables selon l'intéressé (pourquoi ne pas le croire : on lui aurait refusé l'accès au lieu d'enregistrement des candidatures). En revanche, il n'a pas manqué de participer aux défilés de protestation et se faire arrêter une fois de plus. 
Emmanuel Carrère range Limonov "en tête des listes d'"ennemis de la Russie", aux côtés d'Anna Politkovskaïa, de l'ex-employé du KGB empoisonné au polonium, de l'oligarque M. Khodorkovski.
Nota Bene : Limonov a de fait la "grosse tête" quand par exemple il explique (cité dans la revue Gazeta, 03/2012):   « Les gens m’intéressent de moins en moins. Je suis plus proche des héros, des dieux et des démons ».


Découpage des chapitres :
  1. Ukraine 1943-1967
    Enfance de Limonov à Kharkhov, délinquant juvénile. Petit poète jaloux du succès d'autrui, et notamment des "dissidents" : "(...) sur le bateau de la dissidence, les places sont prises, il y a déjà des vedettes, et il ne sera jamais, s'il les rejoint qu'un second couteau, et ça, jamais." Limonov voue un culte à Staline, et il croit sincèrement que les récits du goulag sont exagérés... Il a 10 ans quand Staline meurt le 5 mars 1953, et comme tous les autres, il pleure...
    Cette période de sa jeunesse marque aussi une des grosses déceptions de sa vie : doté d'une mauvaise vue, condamné aux lunettes, il sera réformé. Véritable tragédie pour "lui qui n'a jamais envisagé d'être autre chose qu'officier".
    Livres associés à cette période: Portrait d'un bandit dans son adolescence - Le Petit Salaud - La Grande Epoque (son enfance sous Staline...)
  2. Moscou 1967-1974
    - Emmanuel a 10 ans en 1968 quand sa mère l'emmène pour la 1e fois en "ursse" à l'occasion d'un congrès d'historiens. Au même moment, Limonov et sa compagne Anna s'installaient à Moscou, et développaient leur business de fabrication de pantalons, avec succès.
    - "Ce mélange de mépris et d'envie ne rend pas mon héros très sympathique (...). "Un jeune imbuvable".
    - Août 1968 : l'Urss envahit la Tchécoslovaquie
    - Limonov tombe amoureux d'Elena, superbe mannequin et ensemble ils décident d'aller en Amérique.
  3. New York 1975-1980
    - "Il encaisse tout, les boulots de merde, les refus des éditeurs, la solitude, les filles de catégorie E, parce qu'il compte bien un jour entrer dans les salons des riches par la grande porte et baiser leurs filles vierges, et qu'en plus on lui dise merci."
    - Limonov devient maître d'hôtel d'un milliardaire new-yorkais qui lui accorde sa confiance totale... et le "servant Limonov" lors d'une réception voisine attrape le fusil du maître et met en joue ce dernier et Kurt Waldheim ! Il est tellement tenté de faire feu pour enfin acquérir une notoriété : son livre "Journal d'un raté" deviendrait alors culte.. (cf. roman "Histoire de son serviteur").
    - Dans le même chapitre, Limonov fait mine de s'apitoyer sur la leucémie du garçonnet des voisins et amis du milliardaire... En réalité, il écrit : "Eh bien, il mourra de son cancer, le petit, et puis merde ! Oui, il est beau, oui, quelle pitié, mais je maintiens: et puis merde ! Tant mieux, même, qu'il crève, le gosse de riches, je m'en réjouirai.(...) Le cancer ne respecte pas l'argent. Offre-lui des milliards et il ne reculera pas. Et c'est très bien comme ça : une chose au moins devant laquelle tout le monde est à égalité."- "Ils viendront tous (tous les ratés, les voyous, les timides, les pauvres, les déçus, les ados, les homos, les "niéoudatchniki"/losers...)- "ils prendront la ville, ils détruiront les banques, les usines, les bureaux, les maisons d'édition, et moi, Edouard Limonov, je marcherai dans la colonne de tête, et tous me reconnaîtront et m'aimeront." (extrait de Journal d'un raté)
    Livres associés à sa période américaine :
    Le poète russe préfère les grands nègres - Journal d'un raté - Histoire de son serviteur - Oscar et les femmes
  4. Paris 1980-1989
    Les premières années en France furent selon EC parmi les plus heureuses pour Limonov qui accédait enfin au statut de star avec la publication du "Poète russe" et du "Journal d'un raté", draguait les filles de classe A au Palace... il tombe amoureux fou d'une chanteuse russe de 25 ans, , alcoolique et nymphomane : Natasha.
    Pendant ce temps, se succèdent la "procession de momies" à la tête de l'Urss : à la mort de Brejnev, arrive Andropov qui meurt au bout d'un an, remplacé par Tchernenko, qui trépasse aussi  (ah le titre de Libé rappelé par EC : "L'URSS vous présente ses meilleurs vieux"). Puis arrive Gorbatchev... Limonov, encore à Paris, n'aime pas Gorbatchev, "n'a pas aimé la glasnost, ni que le pouvoir batte sa coulpe, ni surtout que pour complaire à l'Occident il abandonne des territoires acquis au prix du sang de 20 millions de Russes."
    Vaut son pesant d'or dans le roman : la rencontre de Limonov avec la clique de L'Idiot international menée par Jean-Edern Hallier... peux pas en dire plus  : lisez !
  5. Moscou, Kharkhov décembre 1989
    Limonov rentre en Russie pour faire de la promo littéraire, arrête vite cette mascarade et part rechercher Natacha qui s'est enfuie. Il retourne voir ses parents à Kharkhov (où le gaz est allumé en permanence sur le feu : ça chauffe et ça fait une présence, dit la mère) et leur consacre à contre-coeur une semaine qu'il va "purger comme un taulard."
  6. Vukovar, Sarajevo 1991-1992
    Invité littéraire à Belgrade en nov. 1991, on lui propose de venir découvrir la ville de Vukovar qui vient d'être totalement détruite, "libérée" par les forces serbes. Et lui qui a toujours rêvé d'être militaire et de faire la guerre, il prend fait et cause pour ses hôtes, avec lesquels il partage le soir un bivouac inoubliable, camaraderie, gnôle, "fraternité guerrière" : le plaisir de faire la guerre. ET Limonov de nouer une amitié avec le redoutable chef milicien serbe Arkan, "son frère" à qui il propose même de recruter des combattants russes en renfort... La face la plus sombre du personnage.
  7. Moscou, Paris, République serbe de Krajina 1990-1993
    La rapidité du changement dans Moscou était hallucinante, note EC tout autant que Limonov. "On avait cru éternelle la grisaille soviétique (...) et maintenant les enseignes lumineuses se chevauchaient." Apparition d'un Mac Do place Pouchkine, Mercedes noires, restos, boites... Et grande misère pour le petit peuple de retraités, fonctionnaires, etc. 
    Limonov monte à la tribune pour dire "qu'en un an de prétendue démocratie, le peuple a plus souffert qu'en 70 ans de communisme." Avec son comparse Douguine, il fonde le  parti National-Bolchévique, un journal : LIMONKA (la grenade), et un drapeau.
    C'est en savourant un bouillon Kub-Or (il adoooore!!!), que Limonov apprend à la TV qu'Eltsine dissout la douma en sept 1993. Aussitôt, le chaos, la prise du parlement par les opposants, et Limonov qui trouve le moyen de ne pas en être... Répression sanglante, nouvelles élections législatives remportées par Eltsine et Gaïdar, et percée de Jirinovski avec un 1/4 des voix - (Limonov, pourtant proche de ses valeurs, n'avait pas voulu s'allier avec Jirinovski et ainsi partager le leadership : mal lui en a pris, ils serait sinon élu député...).
    - Sur la politique économique appliquée par le premier ministre Egor Gaïdar : "Ce qu'il faut que vous compreniez, c'est que nous n'avions pas le choix entre une transition idéale vers l'économie de marché et une transition criminalisée. Le choix était entre une transition criminalisée et la guerre civile."
  8. Moscou, Altaï 1994/2001
    - Zakhar Prilepine, jeune écrivain russe qui se rallie au parti de Limonov, mais qui déteste les références à la "glorieuse histoire du fascisme", "aux corps francs et aux sections d'assaut". Dans son roman "Sanskia", Z. Prilepine met justement en scène les "nasbols", les membres du parti National-Bolchévique de Limonov.
    - "Vies parallèles des hommes illustres" : Après 20 ans d'exil, Limonov et Soljenitsyne reviennent au pays la même année en 1994, dans des circonstances différentes. Le grand dissident russe qui apparaît imbu de sa personne (je me souviens moi-même d'une rare interview dans sa propriété du Vermont entourée de grillages et inaccessible) est boudé par son peuple : "Plus on raille Soljenitsyne, plus Edouard s'épanouit."
    - Limonov et 8 compagnons entreprennent une tournée du parti nasbol en Asie centrale. "Lui qui sous influence de ses amis serbes, était si remonté contre l'islam ne jure plus que par les musulmans étendant ce soudain engouement jusqu'aux Tchétchènes, dont il vante la frugalité, le génie de la guérilla et l'élégance dans ses cruautés. Il faut reconnaître une chose à ce fasciste (NB de moi : p. 409, EC accole (enfin !?) cette étiquette au héros de son livre !) : il n'aime et n'a jamais aimé que les minoritaires."- Election présidentielle de 1996: le pays est dans le chaos suite aux effets désastreux de la thérapie de choc et de la 1e vague de privatisations, Elstine plus saoul que jamais. Et cette remarque/révélation d'EC qu'il tient de son cousin assassiné depuis: "la Tchétchénie indépendante depuis 1991 et gouvernée par un ex-apparitchik soviétique hâtivement converti à l'islam, était sans aucun doute une zone franche pour la criminalité organisée (...) et la Russie, même si la part du gâteau diminuait, continuait d'y trouver son compte et il n'y avait aucune urgence à intervenir."
    En vue de l'élection, les sommités cherchent un successeur à Eltsine, là entre en scène un inconnu ex-chauffeur de taxi, ex-agent du KGB etc.. Vladimir Poutine. Une loi est opportunément votée, avant l'élection , "contre l'extrémisme et le fascisme". Le parti nasbol, qui compte alors 7.000 membres, est alors interdit.
    Limonov proteste sans résultat, et Moscou devenant si "sinistre", repart en Asie centrale avec l'idée d'effectuer un stage de survie (ou d'implanter un camp d'entraînement...) dans l'Altaï ? Comme il avait aimé l'Altaï, découvert la sérénité - lui l'homme pressé et d'action - et la méditation auprès de son guide kazakhe. Hélas au bout de la route, il découvre que son guide vient d'être "suicidé", et, poursuivant son chemin jusqu'aux grands espaces, se fait arrêter par les forces spéciales...
  9. Lefortovo, Saratov, Engels 2001/2003
    Emprisonné dans la forteresse de Lefortovo, Limonov, toujours hyperactif,  ne supporte pas de perdre une minute de  son temps et s'astreint à une discipline de fer: lever à 05h du matin, obtenir le meilleur "rendement" possible de chaque journée, sans aucun dilettantisme : la TV est limitée au JT, pas de films ou d'émissions, la bibliothèque se confine autour d'essais, pas de romans et folâtreries.. Ainsi, il écrira 4 romans en 1 an, dont "Le livre des eaux" (son plus beau roman selon EC depuis le journal d'un raté...).
  10. Epilogue, Moscou décembre 2009

Incroyables informations sur des personnalités soviétiques et autres...
  • Evgueni Evtouchenko, dont j'ai tant apprécié, ado, "Les baies sauvages de Sibérie" sans du reste me poser davantage de questions à l'époque sur l'environnement politico-littéraire soviétique... "Edouard n'a aucune estime pour ce faux cul, semi-dissident couvert de datchas et de privilèges, accumulant jusqu'à l'écoeurement l'argent du beurre (...)." Limonov le reçoit dans la propriété de son milliardaire de maître et, contre toute attente, Evtouchenko finira par recommander le roman "Moi Editchka" ("Le  poète russe préfère les grands nègres")  à un éditeur...
  • Arseni Tarkovski (père du cinéaste Andréi) : Poète auprès duquel Limonov ne voulait pas jouer le rôle de "disciple dévot"
  • Boris Pasternak : "(...) riche, couvert d'honneurs, insolemment heureux, son affrontement tardif avec le pouvoir restera civilisé."
  • Nikita Mikhalkov : "(...) personnalité puissante et consensuelle, devenu au cinéma russe ce qu'est Poutine au pouvoir : le khaziaïn, autrement dit le boss." Limonov déteste les 2 frères Nikita et Andrei Mikhalkov, "comme il déteste tous les héritiers".
  • Joseph Brodsky : "Cet enculé de Brodsky vient d'avoir le prix Nobel" (3 ans plus âgé que Limonov...)
  • Vénitchka Erofeev (5 ans plus âgé que Limonov) au parcours commun : "provincial, adolescence fervente, puis plongée dans l'alcool, l'absentéisme et la vie d'excipients". A publié en 1969 "Moscou-Petouchki" (titre français : Moscou-sur-Vodka) : le grand poème du zapoï, la cuite russe au long cours. = Une loque pathétique" selon Limonov comparé à un aventureux comme lui...
  • Rostroprovitch : Limonov ne supportait pas de "voir, chaque fois qu'un mur s'effondrait,  Rostropovitch se précipiter avec son violoncelle et jouer, l'air inspiré, les suites de Bach sur les décombres".
  • Andrei Sakharov : "Sakharov, sa vieille bête noire, vient de mourir."
  • Jean-Edern Hallier, P. Besson, P. Sollers, J. Dutourd... et confrères... ! (cf. L'idiot international)





Quand même quelques bémols, pardonnez-moi, sur "Le" livre d'E. Carrère :

- Que de scènes crues, finalement extraites et retranscrites depuis les romans autobiographiques de Limonov:
Etait-il besoin, alors que l'homme politique d'aujourd'hui est différent et a "mûri" (même s'il ne renie pas ses oeuvres littéraires, et il n'est pas question de le juger sur ce point !), qu'un "tiers", écrivain français, se permette de ré-étaler ce genre de descriptions intimes ?
Si l'on est intéressé par le plus ténébreux ou le plus salace, les détails si précis des scènes de masturbation, de sexe, de sodomie etc: autant le lire directement dans les livres de Limonov sans passer par la case "duplication/retranscription" d'un auteur français (en espérant qu'il détenait les copyrights). Parfois les scènes sexuelles sont tellement intimes que l'on se demande si EC n'était pas là à tenir la chandelle ?
Ou bien ne s'est-il que contenté de retranscrire en français les descriptions intimistes de Limonov dans ses propres livres ? Dans ce cas, je me suis souvent demandé le long du livre, ce qu'apportait une "double" lecture d'évènements que j'aurais pu directement découvrir sous la prose originale de l'auteur d'origine, Limonov, dans ses propres ouvrages...
- Pourquoi aucune mention me semble-t-il à la Guerre en Afghanistan qui pourtant a énormément compté dans l'histoire de l'ex-Urss et des républiques qui la composaient, et pour tant de familles russes ??
- Quel est le besoin de l'auteur d'entremêler ses éléments autobiographiques (environnement familial néobourgeois parisien, comportement timide avec les filles, études en dilettante à Sciences-Po/mince cela m'a choquée, comment réussir Sciences-Po en dilettante si ce n'est grâce à des connections... shocking !, son séjour avec sa copine en Indonésie...)
- Pourquoi aucune mention de l'écrivain Vladimir Sorokine ?

Bibliographie d'Edouard Limonov (en gras: les livres les plus scandaleux selon EC):
Journal d'un raté (un de ses meilleurs livres selon EC), Le poète russe préfère les grands nègres (1980), Histoire de son serviteur, Autoportrait d'un bandit dans son adolescence, Mes prisons, Chroniques parisiennes 1989/1994, L'étranger dans sa ville natale, La grande époque, Le petit salaud, Oscar et les femmes, Discours d'une grande gueule coiffée d'une casquette de prolo, Le livre des morts, Maman, j'aime un voyou,
NB : prix incroyables des livres d'occasion sur internet : de 70 € à 2000 € !!!

Voir aussi sur ce blog : Emmanuel Carrère - Un roman russe

Daniel Buren : Monumenta 2012, surprenant sans plus

L'artiste français Daniel Buren (né en 1938) a exposé son travail in situ dans la nef du Grand Palais à Paris dans le cadre de l'événement annuel Monumenta.
Le Grand Palais fut construit pour l'Exposition Universelle de 1900 : il possède une nef de plus de 200 m de long couverte d'une immense verrière qui s'élève jusqu'à 45 m sous le dôme. Monumentale à elle seule. Art Nouveau, encadrée de rambardes et volutes de ce style, couleur vert pâle de l'époque comme les rambardes des métros d'Hector Guimard. La beauté de cette verrière vaut la visite à elle-seule !
La verrière captive le regard au-delà de cette forêt de disques colorés

Eh oui, l'exposition de Buren m'a laissée un peu sur ma faim.
Je m'attendais à tellement plus "magique" d'après ce que j'avais lu à droite et à gauche, que ces grands cercles de plastique recouverts d'adhésifs transparents m'ont paru plutôt banals et sans démesure. Quatre couleurs : bleu, jaune, vert, orange. Donc un effet vite répétitif même si les reflets et jeux de lumière sont infinis. A lever la tête pour regarder tous ces grands cercles en plastique colorés, notre regard est attiré par le plus beau des cercles... la verrière de verre bleu. C'est peut-être ce qu'a voulu l'artiste.

Parfois j'avais simplement l'impression d'arpenter un hall de gare ou carrément un salon professionnel rempli de stands vides de même format.
  • Les brouettes de reflets
    Les deux brouettes (une petite et une grande) disposées ça et là ont mis un peu de piment dans l'exposition, heureusement.
  • Les quelques grands miroirs posés au sol : vite salis par les pas des visiteurs précédents, et surtout j'ai ressenti en allant dessus l'impression désagréable d'être au bord de perdre l'équilibre et d'être happée dans un vide, ce qui m'a tout sauf emballée! Les gens avaient l'air de trouver cela fun en revanche, sauf les dames en jupe.
  • La bande sonore : alors là, je n'ai pas adhéré du tout... Des textes énumératifs, répétitifs, diffusés par "des hauts-parleurs extrêmement directifs, qui vont venir prendre les visiteurs au passage, comme des vagues sonores, les accompagner puis les lâcher..." (plaquette de l'expo). Une bande sonore futuriste, déroutante, à nouveau j'ai trouvé cela plus anxiogène que réjouissant !

Reste que quand le soleil daignait se montrer, la nef brillait de mille feux de couleur et les appareils photos crépitaient.
Mais au final, pas de quoi casser des briques... (les goûts et les couleurs, n'est ce pas...). J'ai été bien plus emballée par la Triennale 2012 au Palais de Tokyo.

Voir les autres chroniques EXPOS

Jean-Paul Dubois : "Le cas Sneijder". Excellent.

 ***** 2011
Réf. géographique : France/Québec - Genre : Rescapé d'un ascenseur, sauvé par les chiens, bouffé par sa famille
(Ed. de l'Olivier, 221 p.)

J'ai beaucoup aimé ce livre.
Et pourtant j'étais un peu fâchée avec le JP Dubois d'"Une vie française" que je n'ai jamais pu apprécier (j'ai essayé 2 fois de lire ce livre auréolé de critiques, mais la "farce de la volaille" m'a vraiment semblé trop lourdingue !).

En revanche, comme j'ai apprécié cette histoire de Paul Sneijder !!...
Un homme simple, humain, Français déplacé à Montréal, sur qui le ciel (la cabine d'ascenseur en chute libre) tombe sur la tête (et tue aussi sa fille bien-aimée), et qui se réveille du coma pour réaliser la médiocrité de son épouse, executive woman en réalité harpie détestable... et de ses deux rejetons tout aussi arrivistes, bornés, déshumanisés. Quel réveil.

Ce quidam Paul Sneijder, qui contrairement à sa femme n'a jamais évolué, n'a jamais "eu d'ambitions", il m'a scotchée.
Il puise une force incroyable dans la compulsion de dossiers techniques sur les ascenseurs, et j'ai trouvé cela puissant et passionnant, absolument pas déroutant.
Cet homme, il va aussi se "réaliser" ou se retrouver dans l'accomplissement d'un "petit job d'étudiant" de promeneur de chiens, qu'il prend vraiment au sérieux : c'est un professionnel qui consacre toute son énergie et son âme à sortir ses toutous (dont un akita hargneux) par tous les temps, et veillant à leur procurer le petit instant de bonheur qu'il estime leur devoir ou plutôt que ces animaux méritent (ils n'ont pas choisi leur propriétaire).
Et ça, cette aventure humaine avec les chiens, bien sûr que cela m'a parlé ! j'ai trouvé cela tellement sincère et honnête : bravo Paul pour cette complicité avec les bêtes, si proches de vous dans votre solitude, mais de si bas aloi sur l'échelle sociale surtout aux yeux de cette "mégère arriviste" que vous avez eu le malheur d'épouser.
L'épouse et les jumeaux dans le même panier d'ailleurs : ses jumeaux, Paul les a toujours vus "comme des excroissances de (sa) femme, des pièces génétiquement rapportées" (p.32).

Après l'accident d'ascenseur, Paul ira seul récupérer l'urne des cendres de sa fille au funérarium. Et il rentre chez lui avec sa "fille sous le bras".
Il se souvient de leur dernière conversation sur l'implantologie (Marie était dentiste), quand elle lui expliqua la "mise en nourrice" c-à-d l'attente de cicatrisation après la première greffe. Un curieux sujet de conversation quand il y songe... Pourquoi n'a-t-il pas pensé à parler à sa fille d'autre chose à ce moment-là, des mots plus personnels ?...

Que lui reste-t-il à présent ?
Ses centres d'intérêt rendent sa femme folle - Paul s'intéresse aux "carouges à épaulettes, aux tambours ocellés, à la course folle des ascenseurs, au dard des immeubles de 1609 m (la fameuse tour Mile High Illinois que Frank Lloyd Wright n'a pu concrétiser en 1956), et aux chiens, bien sûr", ainsi qu'au jardin botanique de Montréal, à l'espace zen du jardin japonais... (p.98).
Or voilà, Paul a trouvé ce qu'il se doit d'accomplir à présent : monter dans l'ascenseur de la Tour Burj Khalifa de Dubai, la plus haute depuis 2010, 828 m, 160 étages... Ensuite, ça ira mieux...

Malheureusement, la famille détestable veille au grain. Paul sera vite pris au piège de la mise sous tutelle. Mais il reste serein, enfermé dans cet hôpital psychiatrique, il sait qu'il aura le dernier mot, et ces abominables créatures (épouse, jumeaux) ne pourront que crever de la pire manière par le jeu du hasard. Ce sera le juste retour de manivelle de la mort de Marie après tout. "Famille, je vous hais."
- "J'espère chaque jour la disparition de ma femme et l'anéantissement de ses fils. Je fais confiance au hasard" (p.217)
-"Je n'aurais jamais cru que les chiens me manqueraient à ce point, surtout les marches en leur compagnie. Parfois, lors de la promenade de l'après-midi, je reconstitue notre équipage (...). Maintenant je n'ai plus qu'à attendre en silence ce que j'espère, et à obéir comme un animal domestique. Ils me tiennent en laisse. Me sortent à heures régulières."  (p.217)

Florent Couao-Zotti (Bénin) : "Les fantômes du Brésil"

 ***** 2006
Réf pays : Bénin 
Genre : "Roméo et Juliette au Bénin"


Magnifique écriture, une poésie et un charme dans ce livre... qui ont fait de ma lecture un pur moment de bonheur.
J'ai pensé au film "Orfeu Negro", aussi. Et au roman de Mia Couto (Mozambique) "La véranda au frangipanier" que j'ai lu récemment.

Le roman de Florent Couao-Zotti est tellement bien écrit et "imagé" que j'ai eu l'impression de voir se dérouler l'intrigue sur une scène de théâtre devant moi.
Quelle joie de savoir que d'autres livres de cet auteur m'attendent.
"Un nuage de poussière, bientôt, les gomma de l'horizon." (p.24)
"Le soleil n'avait pas fini d'asséner sa part de plomb et de feu sur la cité. Le soleil, une boule à l'apogée de son rayonnement, suspendue au-dessus de la ville, sur le quartier Brésil, sur le toit des do Mato." (p.35)
"La lune. Ongle vernis d'or au contour élimé, elle décorait timidement le ciel, entre les nuages gris aux soupçons bruns et les particules d'étoiles qui poudraient l'horizon." (p.129)

L'histoire est celle de deux jeunes amoureux que séparent leur origine et leur statut. Anna-Maria est une Agouda, cette communauté de " Brésiliens " descendants d'esclaves africains qui, ayant fait souche au Brésil, à Salvador de Bahia, sont revenus, des générations plus tard, en Afrique.
Pierre est un jeune homme de Ouidah. Une barrière sépare les deux communautés, aucune passerelle n'est tolérée. Alors les deux jeunes vont devoir se rebeller contre l'ordre établi, leurs familles, les frères possessifs, le policier corrompu... et pourront enfin s'unir.  
(Ed. Ubu, 190p.).
Lien vers le blog de Florent Couao-Zotti

dimanche 17 juin 2012

Le peintre Monet au musée Marmottan - Eloge du jardinage

Nous sommes allées, mon amie Isabelle et moi, visiter l'expo consacrée à Berthe Morisot, l'artiste-peintre qui fut la seule femme à faire partie du cercle des "impressionnistes". Cette exposition se tenait au musée Marmottan-Monet à Paris. Et ce fut aussi l'occasion d'admirer quantité de toiles célèbres de MONET.

Pont japonais
(Musée Marmottan)
(Musée Marmottan)
Quel bonheur de contempler toutes ces versions des nénuphars, dont les toiles géantes. Les tableaux étaient originalement mis en valeur avec un accrochage sur paroi de plexiglas qui permettait au visiteur de tourner autour des tableaux, et donnait même l'impression que l'on se promenait en pleine nature au milieu des nénuphars, sous la glycine, près du petit pont japonais... la barque nous attendant au bord de l'eau...

Claude Monet avait la passion du jardinage.
Quand il s'installa dans sa belle propriété de Giverny en 1883, il entreprit des aménagements impressionnants pour créer un jardin de fleurs à son goût. Il fit remplacer "les épicéas de l'allée centrale par des rosiers, les arbres fruitiers par des cerisiers du Japon, et relégua le potager hors de sa vue...". Du printemps à l'automne, le jardin est toujours coloré.

" Dès qu’une fleur se fane, je l’abats, je la remplace. Les fleurs ne peuvent pas vieillir " : Monet est un sage jardinier.


Le dossier pédagogique du Musée Marmottan nous apprend que ses goût sont éclectiques. Il aime les roses, les tulipes, les tournesols, les dahlias, les gloxinias, les capucines, les iris, les hémérocalles, la glycine... "Les plants sont regroupés par couleur dans des parterres rectangulaires. une organisation chromatique qui fera dire à sa femme Alice : "Le jardin est ton autre atelier, elle est là ta palette."

Sa passion des fleurs est telle qu'il consulte des ouvrages d'horticulture. "A la fin de sa vie, Monet emploiera une dizaine de jardiniers ! avec eux, il se lancera même dans la création d'hybrides et obtient un iris baptisé blanche, un pavot Monetti et un dahlia Digouennaise."
Quand il doit s'absenter de Giverny pour peindre, il laisse moult consignes pour l'entretien de son jardin : "étiqueter les dahlias,par couleur, acheter des tuteurs en châtaignier pour les rosiers, bouturer les petites capucines...".

Le dossier du Musée Marmottan explique l'harmonie entre le peintre et son jardin, qui est aussi son oeuvre.
(Musée Marmottan)
"Ici, le peintre et le jardinier ne font plus qu'un. Le jardinier façonne un paysage unique et complexe pour les besoins du peintre. Autour du bassin, des iris et des agapanthes. Sur l'eau, des hybrides de nénuphars, les célèbres nymphéas roses. Monet se les procure dès 1894 auprès du pépiniériste Joseph Bory Latour-Marliac, qui a créé cette variété à partir d'un nymphéa sauvage rouge apparu dans le fjord suédois de Fagertärn.

Mais Monet ne commencera à peindre ces fleurs aquatiques que quelques années plus tard. « J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas ».

Amateurs de jardins, de jardinage, et de peinture : vous devez visiter le Musée Marmottan !
Et jusqu'au 1er juillet 2012, ne manquez pas la belle exposition consacrée à Berthe Morisot, dont je parlerai prochainement.

Et pour les amateurs de nénuphars, voici ceux en plaques d'aluminium imaginés par l'artiste canadien Gordon Halloran, qui défient les saisons. (photo prise à l'expo "Jardins jardin" au jardin des Tuileries - juin 2012)


Lotus in motion - Gordon Halloran
(Musée Marmottan)





samedi 16 juin 2012

Jacques Poulin : Découverte d'un grand écrivain ("Chat sauvage, Vieux Chagrin, Volkswagen blues, La traduction"...)

Une bien belle découverte: celle de l'écrivain québécois Jacques Poulin.
Né en 1937, écrivain et traducteur, Jacques Poulin m'a fait redécouvrir la beauté du passé simple. Ses romans sont des pages de vie à la ville, Québec, ou au chalet sur l'île d'Orléans. Il peut même nous emmener avec bonheur dans son vieux Volkswagen sur la piste de l'Oregon, de Québec à San Francisco.
J'ai commencé par "Chat sauvage", publié en 1998, sans savoir qu'il y avait une continuité dans ses différents romans. Alors après j'ai emprunté les ouvrages dans le bon ordre. Malheureusement, je suis aujourd'hui en manque : seulement 4 romans de ce merveilleux auteur francophone à la bibliothèque. Et même pas "Les grandes marées", son grand roman d'après la critique...
Je vais donc acquérir les autres pour combler mon besoin de lire Monsieur Poulin/Waterman, il fait désormais partie de ces auteurs dont force est de lire tous les romans pour se sentir bien à chaque fois.

Un conseil aux amateurs de belles pages, de belles phrases sobres, pas ampoulées mais dont chaque mot sonne si juste, et d'un style chaleureux : Découvrez Jacques Poulin (mais dans l'ordre) !
L'écrivain a eu cette phrase : "Et quand on lit un roman tard le soir, par exemple, c'est un peu comme si le livre devenait une sorte de refuge dans lequel on passerait une partie de la nuit.» (in Le Devoir, 25/03/2006)


Jacques POULIN - Volkswagen Blues ***** 1988
Réf. géographique : Canada/Québec/Etats-Unis - Genre : Road movie en minibus (Ed Babel, 323 p.)
L'écrivain s'appelle Jack Waterman, nom de plume choisi par son frère... Il incarne le même personnage que celui des deux précédents romans que j'ai lus de Jacques Poulin. L'écrivain évoque la maison de son enfance, près de la frontière US, avec sa grande galerie vitrée à l'étage et son grenier : c'est celle où vit l'écrivain du "Vieux Chagrin". Jack est aussi amateur de chocolat chaud... : nous sommes dans la continuité !

La Grande Sauterelle est moitié indienne Montagnaise. Elle est extrêmement susceptible pour tout ce qui touche à la culture ou à l'histoire des Indiens d'Amérique. Aussi le roman foisonne d'informations sur l'histoire des Indiens et leur lutte contre l'envahisseur blanc. Nous apprenons par exemple que le chef des Outaouais, qui s'appelait Pontiac, avait décidé d'unir les tribus du Midwest pour chasser les Blancs. les Indiens Illinois refusèrent et Pontiac leur fit la guerre, et mourut durant les pourparlers de paix.
Je sais donc à présent d'où vient le nom de la voiture Pontiac...
Le vieux Volkswagen a 195.000 km au compteur et ses petites habitudes de vieux tacot susceptible (par exemple: le pare-soleil tombe quand on dépasse 100 km/h).

Morceaux choisis :
- "L'écriture de Gabrielle Roy est très personnelle et il est toujours intéressant de regarder à quel endroit dans la phrase elle place ses adverbes". (p.47)

- Ville de Detroit : "Le musée s'appelait le Detroit Institute of Arts (...) ils débouchèrent dans la grande salle où se trouvait la murale de (Diego) Rivera. La salle mesurait près de 10 m de hauteur et elle était éclairée par la lumière naturelle qui venait du plafond en verre. L'oeuvre de Rivera couvrait les 4 murs de la pièce. Elle représentait, en des tons où dominaient le vert pâle, le jaune pâle et surtout le gris, de gigantesques machines industrielles autour desquelles s'affairaient des ouvriers aux visages sans expression. Les machines, ils le constatèrent en examinant les diverses parties de la murale, étaient celles de l'industrie automobile. (...) L'ensemble était lourd, triste et accablant. Au moment où un gardien annonçait que l'heure de la fermeture était arrivée, ils aperçurent, en plein milieu de la murale, sur le mur du côté sud, une petite tâche rouge vif. En s'approchant, ils virent qu'il s'agissait d'une automobile sortant de la chaîne d'assemblage. (...) La minuscule auto rouge était la seule tache de couleur vive dans l'immense murale de Rivera." (p. 101/102)

- Ville de Chicago : "This is the city that gave birth to the Encyclopaedia Britannica, Zenith TV's, Wrigley's gum, Quaker Oats and McDonald's hamburgers. But take a walk downtown and there are sculptures and paintings by Picasso and Calder and Chagall. Strange city... I don't know if I like her or not. But I think she's in my blood." (p.118)
- Ils rencontrent sur la piste de l'Oregon un vieux routard, un rambler, mais pas un tramp ni un bum, qui lit Jack London ! "Drôle de bonhomme, dit la fille. Il se prend pour Hemingway, dit Jack. (...) Il dit qu'il a vécu à Paris, rue du Cardinal-Lemoine... il parle de Cuba et de Key West, et il dit qu'il avait une maison à Ketchum, en Idaho... C'est la vie d'Ernest Hemingway !" (p.260)



Jacques POULIN - Le vieux Chagrin ***** 1989
Réf. géographique : Canada/Québec - Genre : Un écrivain retiré sur la grève au bord du lac (Actes Sud/Léméac, 159 p.) Quelle belle écriture. Quel plaisir de lire ces enfilades de mots simples mais choisis qui créent des phrases oeuvres d'art, et cette tendresse pour tout ce qui entoure l'écrivain.

Notre écrivain Jack Waterman passe ses journées au chalet, avec son chat "Vieux chagrin", d'où il contemple le Saint-Laurent en cherchant l'inspiration pour son livre.
Marika arrive dans sa vie au bon moment : quand il commence à écrire une histoire d'amour... Qui est cette Marika : le lecteur ne le saura guère, elle est évanescente, éphémère, est-ce un rêve ? En tout cas, Marika obsède notre écrivain qui a découvert près de la berge les affaires de la jeune navigatrice, son nom sur le livre des "Mille et une nuits" qu'elle est en train de lire... cela suffit pour qu'il s'évade entre rêve et réalité à la poursuite de cette femme qu'il ne parvient à croiser.
En revanche, une jeune ado paumée échoue bientôt au chalet, et trouve sa place aux côtés de l'écrivain et de Vieux chagrin.

Morceaux choisis :

- "Ainsi, depuis le début de l'été, je me levais tous les jours à 8h30, je buvais un jus d'orange et je mangeais des corn flakes avec la moitié d'une banane, puis 2 toasts avec du miel, et à 9h je montais au grenier en emportant ma tasse de café. J'écrivais jusqu'à midi. Après un lunch et une courte sieste, je me remettais au travail et ne m'arrêtais qu'au moment où j'avais écrit une page complète. Tant que cette page n'était pas terminée, il me semblait que je n'avais pas le droit de vivre, c'est-à-dire de marcher sur la grève jusqu'à la crique sablonneuse, de me balader en Volkswagen sans but précis, de manger un morceau de gâteau au chocolat avec 2 boules de crème glacée, ou d'aller jouer au tennis avec mon frère." (p. 51)


- "(...) le poulet au miel est une des deux ou trois recettes que je ne réussis pas trop mal. C'est facile : il suffit de bien préparer la sauce avec du beurre, du miel, de la moutarde et du curry, et d'arroser le poulet à plusieurs reprises pendant qu'il cuit au four." (p. 114)


Jacques POULIN - Chat sauvage ***** 1998
Réf. géographique : Canada/Québec - Genre : Promenade poétique dans le Vieux-Québec (Babel/Actes Sud, 228 p.)

4 personnages : Jack, écrivain public, la cinquantaine grisonnante, ayant eu une crise cardiaque plus jeune, Kim sa belle compagne, qui habite l'appartement au-dessus, et qui soigne les douleurs physiques et les âmes, le Vieil Homme, Sam Miller, conducteur de calèche, mystérieux, paumé, et la jeune sauvageonne Macha...
Jack reçoit un jour la visite du Vieil Homme qui lui demande d'écrire une lettre d'amour à sa femme, sans autres détails. Jack est touché par cette visite, et voudra en savoir plus : il suit le Vieil Homme. découvre que celui-ci connaît une jeune fille paumée, Macha : quelle est leur relation, sont-ils parents ?
De jolis épisodes : Quand les hirondelles apprennent à voler à leurs petits, les rues du Vieux-Québec, les habitudes de Petite-Mine la chatte, les saisons qui défilent...
Des réflexions inattendues : l'écrivain public qui se choque des erreurs commises par les traducteurs français quand ils traduisent en particulier des passages sportifs (baseball...).
Par rapport aux autres romans : un brin de sensualité... et une fin qui m'a plutôt surprise, assez audacieuse. On the road again.


Jacques POULIN - La traduction est une histoire d'amour ***** 2006
Réf. géographique : Canada/Québec (Ed Léméac/Actes Sud, 136 p.)

Nous retrouvons notre cher écrivain et désormais ami fidèle Jack Waterman.
Seulement le poids des années compte aussi depuis que nous l'avons découvert dans Volkswagen blues écrit 8 ans auparavant.
Monsieur Waterman est devenu un vieil homme, toujours écrivain, mais il a renoncé à son chalet isolé sur l'île d'Orléans, à son vieux Volks remplacé par un 4x4 Toyota bleu qu'il appelle Le Coyote...
A présent, il habite dans une tour moderne à Québec, avec ascenseur et confort. Et il n'a plus de chat auprès de lui...
Le deuxième personnage du roman est la jeune traductrice de ses romans en anglais, Marine, un prénom francisé à partir de celui de sa mère irlandaise Maureen, dont elle a hérité la chevelure roux flamboyant et les yeux verts. La couverture du livre est très belle : "Jeune femme aux cheveux roux" de Toulouse-Lautrec.
Ces deux-là, le vieil écrivain et la jeune traductrice, s'entendent à merveille. Chacun respecte la personnalité, le don et les habitudes de vie de l'autre, et partage son amour de la langue française et de sa plus juste et plus belle restitution en anglais. "Je l'entendais maugréer contre l'emploi des expressions "d'entrée de jeu", "au niveau de" et surtout "incontournable", mais il lisait quand même les articles jusqu'à la fin." (p.14)
Le recueil d'un jeune chat noir abandonné sera le prétexte d'une enquête un peu rocambolesque qui conduira notre duo à une jeune ado malheureuse, Limoilou...   
Morceaux choisis :
- "(...) il n'avait plus d'amis, c'est ce qui arrive quand vous vivez dans un monde imaginaire." (p.101)


CONTINUITE DANS LES LIVRES DE JACQUES POULIN :
  • L'écrivain Jack Waterman toujours, passionné par Ernest Hemingway (et spécialiste de cet auteur), son mal de dos qui l'oblige à écrire en position debout (comme Hemingway...)
  • Une jeune ado, Limoilou, écorchée de la vie, sauvageonne, en jean et marcel lâche, avec des cicatrices sur les poignets... et qui trimbale un petit chat noir dans sa capuche de sweater...
  • Les chats : "chaloupe" la grosse chatte du chalet et le petit chat noir qui débarque...
  • Le chalet sur l'île d'Orléans près de la ville de Québec, la nature, les bêtes... mais première fois que je vois mentionner les désagréments de la belle saison : maringouins, ouaouarons (grenouilles très bruyantes), bruit des machines agricoles...
Voir aussi :

vendredi 15 juin 2012

Une abeille butine la centaurée (live !)

Abeille mellifère les pattes chargées de pollen
Je louais récemment la beauté des centaurées en fleurs dans le jardin.
Ces belles fleurs violettes attirent les insectes butineurs, comme cette abeille qui butine à tout-va : regardez comme ses pattes sont chargées de pollen !


Rappel : le pollen est la substance mâle produite par les étamines des fleurs. L'abeille entasse le pollen sur ses pattes postérieures, et le rapportera ensuite à la ruche.

Sauf erreur, il s'agit sur la photo d'une apis mellifera dite en France abeille noire domestique.
C'est la plus "goulue" que j'aie observée jusqu'à présent, la vidéo montre le travail acharné de cette ouvrière pour amasser le pollen sur ses pattes.


Voir aussi sur ce blog: "Bourdons gloutons"

jeudi 14 juin 2012

Coquillages : L'art est dans le lambi

Il était temps que j'aborde le thème des coquillages dont je suis une passionnée !
Connaissez-vous le LAMBI ?

C'est un gros coquillage qui fait rêver tous les métropolitains n'ayant pas la joie d'habiter aux Antilles... La première fois que j'ai vu un lambi en Guadeloupe, il traînait sur le port tout enduit de saletés, poissant de carburant de bateaux et algues malodorantes.
Je me suis jetée sur lui. Je l'ai vénéré.
Bien sûr, je lui ai fait prendre son bain d'eau de javel, et je l'ai admiré qui progressivement recouvrait une belle teinte rosée.

A Saint-François...
Après cela, nous avons découvert la fosse à lambis : un endroit du port où les pêcheurs après avoir vidé les lambis, se débarrassaient des coquilles en les jetant à l'eau. Toutes gisant au même endroit... un endroit dégueu mais si merveilleux !
Et c'est mon mari qui est allé patauger dans cette eau sale et visqueuse pour ramasser ce qui allait devenir mes trésors !

Voilà pourquoi les lambis peuplent ici maison et jardin. Mais pour les protéger du froid hivernal, j'ai passé au vernis bateau ceux qui restent au jardin. Ils sont toujours aussi beaux. C'est ma conque à rêves, le lambi.

Très apprécié dans la cuisine caribéenne, le lambi se déguste en fricassée. La pêche en est très réglementée car ce mollusque a été menacé par la surpêche.

Appelé lambi aux Antilles françaises, ce coquillage est couramment dénommé strombe géant en français, caracol rosa au Mexique, Queen conch en anglais.

Cette année, le lambi semble à la mode :
  • un beau coquillage y ressemblant fort figure en premier plan sur une affiche de pub pour des célèbres cours et stages de révisions scolaires,
  • et au Palais de Tokyo à Paris, une drôle d'oeuvre d'art met en scène un gros lambi enfermé dans un casque d'escrimeur (composition de l'artiste roumain Victor Man). Je pense avoir beaucoup d'idées pour caser mes lambis dans mon décor quotidien, mais ... dans un casque d'escrime, c'est, disons, insolite.
Composition avec lambi de Victor Man au Palais de Tokyo
Affiche (détail) sur quai du RER

En savoir plus : Site informatif sur le lambi (médiathèque des Caraïbes)

Mélanie Vincelette : "Crimes horticoles" (Québec)

***** 2005
Réf. géographique: Canada/Québec - Genre : Une ado fleur bleue dans un champ de pavots
Trois mots : "Québec", "horticulture" et "crimes" qui avaient de suite capté mon attention. Déception hélas...

D'horticulture: il n'est pas question, sauf à mentionner les arpents de pavots et de cannabis, et un mot sur leurs besoins en irrigation...
De crimes : effectivement l'auteur ponctue son histoire de quelques cadavres mais sans aucun ressort policier
Du Québec: certes ce roman est écrit par une écrivaine québécoise, mais je n'ai pas éprouvé de plaisir à le lire. A peine terminé, ma réaction fut : "so what"...

Un roman que l'on pourrait qualifier d'original : il met en scène une "parenté" originale dans un village du Québec
  • le père taxidermiste amateur et coureur de jupons cultive des pavots pour faire de l'opium,
  • la mère est cartomancienne, dépitée et bientôt enceinte
  • et l'héroïne, 12 ans, a un prénom de garçon (Emile), ne va pas à l'école, tombe amoureuse du vicaire brésilien, aime peindre et rêve de partir à Tanger.
La "famille" (en réalité de vie familiale il n'y a point) habite dans un motel en ruine à proximité d'un dancing de femmes nues. Voilà, le décor planté par l'auteur est certes original... mais rien de passionnant dans ce roman. De l'ennui, voilà tout.
Au fil des pages, je me prenais à regretter de ne pas être en train de lire un autre roman du Québécois Jacques Poulin, que j'ai découvert récemment, et dont la poésie et l'écriture m'ont charmée.
(Ed. Points, 183 p.)

Voir aussi :

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